Instituteurs et institutrices à Billé
Les instituteurs et institutrices n'apparurent à Billé que vers la fin du premier tiers du XIXème siècle. Pour beaucoup, nous avons retrouvé leur généalogie. Nous ne développons ici que les parcours de ceux et celles dont nous avons glané suffisamment d'informations. Pour ce faire, nous avons consulté deux importantes sources officielles: les minutes des délibérations du conseil municipal et les recensements de la commune aux XIX et XXème siècles. L'article du bulletin paroissial de 1957 relatif aux écoles est très précieux. Jean Bouessel du Bourg a dressé une liste quasiment complète de tous les enseignants en poste à Billé, et notamment des religieuses. Merci à lui de nous permettre de l'emprunter.
À l'école des garçons au XIXème siècle
À l'école des garçons au XIXème siècle
Michel Lanoë 
Il fut l'objet de la première nomination d'instituteur mentionnée à Billé dans les minutes des délibérations du conseil municipal le 9 novembre 1834. Originaire de Beignon, il avait obtenu le brevet de capacité pour l'enseignement deuxième degré de l'académie de Rennes. Il avait enseigné auparavant à Plerguer et Combourg d'où provenaient deux certificats de moralité. Il n'est resté que peu de temps à Billé car son nom ne figure pas dans le recensement de 1836.
Raoul Beaugendre 
Dans sa séance du 13 septembre 1836, le conseil municipal accepta la canditature de Raoul Marie Beaugendre, breveté de l'École normale de Strasbourg, après avoir pris connaissance du brevet et certificats de moralité. Il fixa sa rétribution mensuelle à 3 francs pour l'ensemble des trois classes. Au bout d'une année à Billé, il partit pour Liffré où il se maria en 1844 et eut quatre enfants. Il décéda, toujours à Liffré, en 1892.
Magloire Boisard 
Élève de l'École normale de Rennes, breveté le 4 septembre 1837, il commença sa carrière à Billé en octobre de la même année. Il ne resta qu'un an et rejoignit Fougères où il mourut à 31 ans en novembre 1846.
Frédéric Huntzinger 
Né à Rennes en 1809 d'un père alsacien comme le nom le laisse deviner, il enseigna à Billé de 1838 à 1841. Son acte de décès de Rennes du 12 juillet 1870 nous apprend qu'il fut contrôleur des poids et mesures et qu'il s'était marié à Geneviève Biolay.
Louis Gautier 
Le 18 octobre 1841, le conseil municipal présentait au comité d'arrondissement, à l'effet d'être nommé instituteur communal de Billé, le sieur Gautier Louis, né à Fougères, le 25 avril 1820, et pourvu de son brevet de capacité obtenu le 31 août 1841, ainsi que du nécessaire certificat de moralité.
Le bulletin paroissial de 1957, déjà mentionné, relate qu'à la Saint-Georges 1851, l'instituteur, M. Gautier, quitte la maison où il avait fait jusque-là l'école, pour aller dans celle qu'il a fait construire dans le bourg. Cette maison existe toujours, elle est occupée actuellement par Mme Alphonse Martin. C'est dans cette maison que les jeunes garçons de Billé iront en classe jusqu'au moment où la commune fera construire les classes qui sont à côté de la mairie actuelle.
Ainsi, Louis Gautier enseigna aux garçons de Billé de 1841 jusqu'à la construction de la nouvelle école, c'est-à-dire vers 1875. L'actuel n°17 de la rue de Fougères fut le siège de l'école des garçons pendant près de 25 ans.
Louis Gautier épousa Thérèse Piel à Billé en septembre 1847. Ils seurent quatre enfants jusqu'en 1863 dont deux seulement survécurent jusqu'à l'âge adulte. Il mourut à 62 ans en 1882 et son épouse en 1904. Marie, leur fille aînée resta jusqu'à son décès en 1916 dans la maison de ses parents. C'est alors que vinrent s'installer le sabotier Alphonse Martin et son épouse Armandine Chemin.
Hyacinthe Sauton 
Le 30 avril 1876, invité à faire un choix, le conseil municipal, par proclamation et à l'unanimité des membres présents désire un instituteur laïque et autant que possible marié. Ce souhait fut réalisé: Hyacinthe Sauton vint s'installer à Billé avec son épouse Françoise Roussel et leurs quatre enfants aînés. Trois autres enfants naquirent à Billé de 1877 à 1882, le dernier étant décédé à la naissance. Il resta à Billé jusqu'en décembre 1884 date à laquelle le conseil municipal installa un nouvel instituteur. Il alla ensuite s'installer avec sa famille à Parigné où naquit un septième enfant, en avril 1885.
Léonor Micouin 
Le 28 décembre 1884, Léonor Micouin fut installé comme instituteur à Billé par le conseil municipal. Il était préalablement à Corps-Nuds dès 1876. En mars 1891, il épousa à Fougères Albertine Saint-Saëns, elle-même institutrice. Le couple alla vivre à Mellé où ils enseignèrent tous les deux jusqu'en 1901 comme en témoigne le recensement de cette commune. Ils eurent un enfant à Mellé en février 1892. En 1906 et 1911, ils étaient à Saint Jean-sur-Couesnon.
Marcellus Gilbert 
Lorsqu'il se maria à Louvigné-du-Désert en octobre 1889, Marcellus Gilbert était en poste à Pacé. Il vint à Billé, vraisemblablement pour la rentrée de 1891, avec sa famille. Avec son épouse, Victorine Gilbert, ils eurent deux filles à Billé en 1893 et 1894 - la seconde décéda à la naissance. Il y resta jusqu'en juin 1896 (Le Petit Fougerais). En avril 1898, ils eurent une autre fille au Loroux où il était directeur de l'école et en 1900 un garçon à Feins.
Victorine Gilbert mourut chez son père à Louvigné-du-Désert en 1902 et il se remaria à Laval l'année suivante. Il avait alors quitté l'enseignement: l'acte du second mariage indique qu'il était agent du service technique des télégraphes.
Malo Huet 
Le 13 septembre 1896, le conseil municipal procède à l'installation de Malo Huet nommé le 4 septembre précédent (Le Petit Fougerais). Il s'était marié à Mézières-sur-Couesnon avec Anne Gillaux et ils eurent un garçon, prénommé Malo, en février 1897. Ils restèrent peu de temps à Billé, ne figurant sur aucun recensement.
François Banâtre 
En septembre 1899, François Banâtre, instituteur, fut choisi comme secrétaire de mairie. Il était précédemment à Saint-Onan-la-Chapelle. Il vint à Billé avec son épouse Eugénie Ruellan et un garçon naquit en septembre 1899. Jeanne Cardin, sa mère, les avait suivis et elle mourut à Billé en septembre 1900.
À l'école laïque
À l'école laïque
Louis Piel
et Amélie Sauton
Il est probable que Louis Piel débuta à Billé en septembre 1900. Ce qui est certain c'est qu'il y figure au recensement d'avril 1901. En août 1906, il épousa à Gosné Amélie Sauton, née à Billé en 1877 alors que son père Hyacinthe Sauton était instituteur dans notre commune. Elle était institutrice et enseigna aussi à Billé. Ils eurent un fils à Billé, Gaston, né en juin 1907. Ces deux instituteurs publics furent ceux qui restèrent le plus longtemps chez nous.
Au bord de la grande route, l'école de Billé était bien calme. Il nous a été rapporté oralement qu'avant-guerre, lorsqu'une auto s'annonçait sur la route, Louis Piel invitait les enfants à sortir dans la cour pour la voir passer. Autres temps...
Le 17 novembre 1907, Louis Piel se voit attribué le bois provenant de la démolition des deux ailes de la maison d'école des garçons comme prix des plans et devis des murs du cimetière dressés par lui. Les instituteurs étaient souvent sollicités pour remplir d'autres tâches. Ainsi, Louis Piel était vraisemblablement secrétaire de mairie comme en témoigne le changement d'écriture dans le registre communal au moment même de sa disparition.
Il mourut subitement à Saint-Julien le 20 novembre 1922, à 6 heures, alors qu'il se rendait à Fougères pour prendre le train. L'Ouest-Éclair, la Chronique de Fougères, le Journal de Fougères, et Le Réveil Fougerais se firent l'écho de ce décès. Au mois de décembre suivant, Amélie Sauton, son épouse, était mutée à Cornillé. Elle s'y trouvait encore en 1926 avec son fils.
Jean Chabot
et Joséphine Morel
En ce même mois de décembre 1922, Jean Chabot et Joséphine Morel sont nommés en remplacement du couple Piel. À leur mariage, à Ercé-près-Liffré en septembre 1919, il enseignait à Châteaugiron et elle à Romillé. À leur arrivée, ils avaient un fils né en 1920 à Ercé-près-Liffré. Un second naquit à Billé en octobre 1926. La mère de Jean Chabot résidait aussi à Billé.
Le 18 septembre 1924, au comice de Saint-Aubin-du-Cormier, notre instituteur se trouvait sur l'estrade dressée pour la distribution des récompenses.
Lors du recensement de 1931, nous retrouvons toute la famille à Noyal-sur-Vilaine où décéda, en 1935, Madame Chabot mère.
Jules Baratte
et Yvonne Bourget
Ce couple d'instituteurs fut nommé à Billé au plus tard pour la rentrée de 1929. En effet, ils eurent une fille à Billé en décembre 1929. Par la suite, probablement dès 1934, ils furent nommés à Coësmes comme l'indique le faire-part publié par L'Ouest-Éclair au décès de la mère de Jules Baratte.
Instituteurs et institutrices adjoints
Ainsi, depuis le début du XXème trois couples d'instituteurs se succédèrent à Billé. En même temps, il y eut plusieurs adjoints. Il n'est pas toujours possible de savoir précisément quand ces personnes, jeunes pour la plupart, enseignèrent à Billé ni même si la liste est complète. Les indications fournies ci-dessous proviennent essentiellement des recensements et des journaux de Fougères de l'époque.
Eugène Sevaux fut nommé à Billé en aôut 1908. Dans la rubrique objets perdus du Réveil Fougerais du 2 décembre 1908, nous apprenons qu'il perdit un carnet à couverture noire contenant différentes notes.
Eugène Saillard était à Billé en 1911.
Madeleine Gornouvel, alors à Billé, fut nommée à l'école des filles de Laignelet en août 1921.
Mme Beauché vint à Billé en provenance de Pipriac en août 1921 comme adjointe de l'école des garçons. Elle s'en alla à Javené en décembre 1922.
Mme Bour - débutante - fut nommée à Billé en août 1933.
Mr Lucas à Billé jusqu'en juillet 1935 rejoignit Saint-Germain-en-Coglès.
Mme Hamard quitta Billé en juillet 1935 pour aller à Fougères-Rillé.
À l'école des filles
À l'école des filles
Perrine Gévelinne 
Le bulletin paroissial de 1957, déjà cité, mentionne cette institutrice signalée à Billé en 1819. Elle était née à Parcé et mourut au Bourg de Saint-Sauveur-des-Landes chez sa nièce Perrine Géveline, épouse de François Hommerie maréchal-ferrant.
Marie Louise Le Landais 
Le 8 mars 1835 était présenté au conseil municipal le brevet de capacité pour l'enseignement primaire de Marie Louise Le Landais. Il fut retranscrit intégralement dans le registre.
Cette institutrice est restée plus de quinze ans à Billé car elle figure au recensement de 1851. En 1836, elle prit l'habit des sœurs de Notre-Dame du Mont-Carmel d'Avranches sous le nom de Sœur Saint-Famille. En 1861, elle était institutrice à Dompierre-du-Chemin où elle mourut en 1864.
Thérèse Sansier 
Thérèse Sansier était une enfant de Billé. Son père était buraliste et adjoint au conseil municipal. Elle fut nommée institutrice à Billé en 1852. Elle le resta jusqu'à son mariage à Billé avec Amand Régnault en 1857. Elle était la mère du bien connu capitaine Émile Regnault.
Les religieuses de Rillé à l'école des filles de Billé
Après le mariage de Thérèse Sansier, le conseil municipal décida de faire appel aux religieuses de Rillé pour la remplacer. Dans sa séance extraordinaire du 13 avril, il définit les conditions et le financement de leur venue. Les sœurs allaient percevoir un traitement fixe de 200 francs: 60 francs sur le budget de la commune, 100 francs par une imposition extraordinaire et 40 francs provenant d'un legs de Melle Pioger affecté au traitement des institutrices. À ces conditions, M. le maire fut autorisé à traiter avec M. Le Taillandier supérieur de la communauté.
À partir de cette année-là et jusqu'au XXème les religieuses de Rillé assureront sans interruption l'enseignement des filles. Ci-dessous, nous présentons la liste compilée par Jean Bouessel du Bourg qui ne compte pas moins de 66 religieuses jusqu'en 1978. Après cette date, il y eut encore des religieuses dans le cadre de l'école mixte. Ci-dessous, nous apportons plus d'informations concernant les directices.
Liste des religieuses de Rillé à l'école des filles de Billé de 1857 à 1978
Sœur Marie Théodosie - Marie Domageau 
Le bulletin paroissial de Billé de 1957 affirme que la première supérieure de l'école des filles fut Sœur Marie Théodosie et qu'elle resta en fonction pendant trois ans, de 1857 à 1860. Il s'agit vraisemblablement de cette religieuse décédée à la communauté de Rillé le 14 mars 1880 sous le nom de Marie Françoise Louise Domageau. Dans l'acte de décès, il est bien précisé en religion dite Sœur Marie Théodosie.
Sœur Marie de la Sainte Enfance - Louise Deshays 
D'abord adjointe de la précédente, elle lui succéda. Elle dirigea l'école des filles de Billé de 1860 à 1865.
Sœur Marie Romaine - Anne Marie Cotel 
Sœur Marie Romaine fut directrice de l'école pendant 41 ans, de 1865 à 1907. Elle resta à Billé pour s'occuper de l'entretien de l'église et résidait dans le vieux presbytère. Vers la fin de 1912, elle fut transportée malade à Rillé et y mourut en décembre.
Françoise Hamelin - Sœur Marie Gervaise 
Venue de Saint-Germain-du-Pinel (1906), elle fut la première directrice sécularisée. En effet les nouvelles lois laïques imposaient aux directrices de se présenter avec leur nom de famille et leur interdisaient porter l'habit religieux. Elle succéda à Anne Marie Cotel en 1907 et quitta Billé en 1929.
Marie-Thérèse Courtoux - Sœur Clémentine Marie 
Native du Loroux, Marie-Thérèse Coutoux était arrivée à Billé en 1907. Auparavant, elle avait été envoyée à Saint-Pierre-de-Plesguen, Saint-Hilaire-des-Landes (1901) et Saint-Germain-du-Pinel (1906). Elle enseigna pendant de nombreuses années comme adjointe de Françoise Hamelin qui était déjà sa supérieure à Saint-Germain-du-Pinel. Au départ de celle-ci, en 1929, elle la remplaça. Elle assura la direction de l'école jusqu'à son décès suvit le 30 septembre 1948. Ses obsèques furent célébrées en grande pompe, Mgr Serrand avait fait le déplacement depuis Saint-Brieuc. Elle fut inhumée au cimetière de Billé. Après s'être consacrée 62 ans à l'enseignement, dont plus de 40 ans chez nous, elle aura laissé son empreinte à plusieurs générations de jeunes filles.
Marie Moreau - Sœur Pierre Marie
(1948-1968)
Elle fut à Billé de 1948 à 1968.
À l'école libre des garçons
À l'école libre des garçons
Abbé Joseph Verger
(1934-1952)
À la rentrée de septembre 1934, dans une école flambant neuve, Joseph Verger prit ses fonctions de vicaire-instituteur. En juin, lors de sa nomination, dans le bulletin paroissial, le recteur, Joseph Champ, définissait le rôle: ses devoirs d'instituteur et de directeur des œuvres des jeunes gens devront toujours l'emporter sur tous les autres. Il n'est donc pas possible de faitre appel à lui pour d'autres tâches. Les vicaires-instituteurs, outre leur rôle d'enseignement s'investisaient dans d'autres activités: patronage, kermesses, sport, théâtre...
Comme tous les hommes en âge de porter les armes, il fut mobilisé le 1er septembre 1939. Il fut fait prisonnier pendant la drôle de guerre de 1940 et fut emmené en Prusse Orientale. Il ne revint d'Allemagne qu'en mai 1945 et reprit ses activités à l'école jusqu'en 1952. Cette année-là, il fut nommé recteur de Pancé et plus tard curé doyen de Tinténiac.

Abbé Ernest Restif (1952-1959)
Abbé René Binois (1959-1964)
Abbé Jean Hamard (1964-1967)
Autres instituteurs et institutrices
À partir de la fin des années 1950 il y eut plusieurs instituteurs et institutrices qui enseignaient aux garçons de la petite classe. Nous pouvons citer M. Dandin, M. Barbier, Marie-Louise Pihan et Yvonne Neveu.