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L'église de Billé

L'église Saint-Médard

Vue d'ensemble Vue d'Ensemble Historique Historique Intérieur Intérieur Retable central Retable central Chapelles Chapelles

Baptistère et mobilier Baptistère et mobilier Vitraux et statuaire Vitraux et statuaire Clocher Clocher En conclusion En conclusion

Le retable central

TTout laisse à penser que le retable de Billé, classé Monument Historique depuis 1951, est le premier retable lavallois construit en Bretagne. Le Père Blot, va jusqu’à dire, non sans humour, que c’est le premier retable lavallois construit au monde.
C’est en consultant les comptes de l’église Saint-Sulpice de Fougères qu'il a découvert qu’en 1629, la fabrique de cette paroisse passa un marché avec Jean Martinet, maître-sculpteur et architecte à Laval pour son autel majeur, en tuffeau et marbre. Dans ce marché, il fut précisé qu’il serait de mesmes matières, proportion, construction et enrichimens que celuy de l’église de Billé. Ce qui veut dire que le retable de Billé était déjà construit avant 1629. En cette même année, la date gravée l'atteste, la fenêtre du chœur fut ouverte pour éclairer le retable qui venait d’être installé. Par chance, ce retable de l'église Saint-Sulpice ne fut pas entièrement détruit au XVIIIème siècle. Les ailes furent transformées par le menuisier Thory en retables latéraux et les colonnes de marbre rose du corps central furent utilisées pour appuyer le baptistère.

La comparaison avec le retable de Billé a donc permis avec certitude d’attribuer ce retable central à Jean Martinet dont l’œuvre était jusqu’alors complètement oubliée. Sa manière est très caractéristique, créative mais peu raffinée; Jean Martinet n’est pas un fignoleur. Il met en place les systèmes des retables lavallois qui deviendront plus tard de plus en plus sophistiqués comme ceux, pour ne citer que ceux-là, des frères Langlois ou de Pierre Corbineau, qui se trouvent aux maîtres-autels de Rannée et d'Azé en Mayenne (1634), de Saint-Eustache de Teillay et de Brie (1638) où le retable a longtemps été attribué, mais à tort, à Jean Corbineau. Jean Martinet à aussi mis en œuvre le retable de l'église de Visseiche construit en 1638.

Jean Martinet avait déjà travaillé dans son Maine natal avant de venir en Bretagne. C’est ainsi que les Jésuites de La Flèche firent appel à lui dès 1620-1621 pour les chapelles latérales de l’église de leur collège devenu depuis le Prytanée militaire.

Nous retrouvons aussi son œuvre à Javené dans les deux petits retables latéraux qui furent construits dans les mêmes années qu’à Billé, c’est-à-dire avant 1630. Plusieurs autres retables plus prestigieux ont disparu. Ils sont connus par les textes. Ce sont ceux de Notre-Dame de Vitré (1624-1626), de trois autels à Craon en 1628, du Vieux Saint-Étienne de Rennes, jusqu’à celui de la cathédrale de Tréguier daté de 1639, date de la mort de Jean Martinet.

Le bon Pasteur Saint Médard La Sainte Trinité Saint René cliquer pour voir le motif du soubassement

Les dates des travaux de Jean Martinet le situent comme le principal introducteur du modèle lavallois en Bretagne et il est permis de dire que le retable de Billé est sans doute le plus ancien. Il entraîna la suppression d’une maîtresse-vitre vers 1629, ce qui était un bouleversement dans les mentalités religieuses de l’époque. Le prêtre qui officiait à l’autel majeur situé à l’est comme le veut la tradition, recevait donc le soleil du matin dans les yeux, ce qui, il faut bien l’admettre, devait être assez gênant. Cela avait aussi un autre inconvénient, c’est que le célébrant se trouvait dans le contre-jour, de sorte qu’il n’était pas vu des fidèles. La construction d’un retable, joli et décoratif, palliait à ces inconvénients, le peuple, enfin, voyait et entendait.

L’œuvre de Jean Martinet est aujourd’hui mieux connue grâce aux travaux de l'Abbé Roger Blot mais surtout à ceux de Jacques Salbert, érudit mayennais, qui a consacré une thèse importante sur les retables lavallois et qui constitue la plus importante étude réalisée sur le sujet à ce jour.

Ce retable comme tous les retables de Martinet marie l’architecture, la sculpture et la peinture. Il ne faut pas oublier que Jean Martinet était avant tout un maître-sculpteur. Ainsi, c'est une architecture en tuffeau et marbre, classique, quelque peu antique par la médiation de la Renaissance qui voit le jour dans la construction des retables avec des corniches, des colonnes, des frises, des chapiteaux de type corinthien... L’ensemble est bien charpenté, les niches sont en cul de four, les lignes sont bien horizontales... Même si les décors ne sont pas d’un extrême raffinement, ils restent cependant assez fins.

Comme à Javené, où il travaille à la même époque, nous remarquons que les anges de Martinet ont un joli petit minois. Ils subirent une petite restauration en 1807 par Noël Leboussel.

Les statues que l’on a cru un moment être du XIXème siècle, ont finalement échappé aux destructions de la période révolutionnaire - l’église servit de caserne. Les trois statues du retable central sont en pierre blanche et sont de la même facture et du même modèle que celles de l’église de Brie et de Rannée qui sont de Jean Martinet.

Cela laisse à penser que celles-ci sont du même auteur. Au sommet du retable se trouve le Bon Pasteur qui ramène la brebis égarée sur ses épaules. Dans la niche de gauche (à la droite de l’autel), se trouve la statue de Saint Médard, le patron de la paroisse; et à droite celle de Saint René.
Saint René n’a pas de dévotion particulière à Billé. S’il est là, c’est pour une raison très simple; c’est qu’au moment de la construction du retable vers 1628, le recteur de l’époque se nommait René Le Marchand. Il venait d’arriver comme recteur et doyen de Fougères à Billé et il voulut ainsi honorer son Saint patron dans l’église qui venait de lui être confiée.

Quant à l’autel, il arriva de Mayenne en 1836. Il fut avancé à la fin du XIXème pour cacher l’harmonium. Il reprit sa vraie place vers 1960 et perdit dans l’expédition, plusieurs pièces et une marche. Son soubassement de marbre blanc et noir comporte dans sa partie centrale un médaillon représentant l'agneau pascal.

Le tableau central

La partie centrale du retable est occupée par une peinture représentant la Sainte Trinité. Cette œuvre provient de l’atelier très fécond des Gobert au début du XIXème siècle. Ils eurent, en effet, beaucoup de travail après la Révolution lorsqu’il fallut réhabiliter les églises qui avaient beaucoup souffert. Il s’agit d’une peinture à l’huile sur toile dont les dimensions forment presque un carré: 184 x 179 cm. Y figure le Christ portant sa croix, se présentant devant Dieu le Père, sous la Colombe du Saint-Esprit.

L’étude de cette toile réalisée avant sa restauration faisait les constatations suivantes:

L’œuvre est peinte sur une toile épaisse et assez serrée. La préparation est jaune et transparaît au revers; le châssis, sans clé et à assemblage tenon et mortaise, offre une double traverse en croix au centre; la couche picturale et la préparation sont d’épaisseur importante, ce qui induit de fortes tensions au niveau du support toile; les craquelures sont profondément creusées sur le revers et imprégnées par le vernis; les craquelures sont très marquées, en forme de toit et en escargot. Peu de soulèvement. Le réseau est présent sur toute la surface, principalement dans les empâtements blancs et dans les clairs dans la partie supérieure. L’œuvre est très rigide et très cassante. Quelques repeints. Le vernis est épais et jauni. La partie inférieure est très fortement encrassée sur environ six centimètres de hauteur et n’est pas lisible. Fort encrassement généralisé de la couche picturale; le revers est aussi couvert de poussière et de crasse. Le tableau est fixé par la face sur un châssis qui ne semble pas d’origine, plus grand. Il n’est cloué que sur la partie supérieure du bord dextre et au centre du bord supérieur. Plis en drapeau à partir du coin supérieur senestre. Rétraction de la toile dans le coin inférieur senestre. La toile totalement déclouée dans sa partie basse flotte en drapeau. L’œuvre nécessite une importante remise à plat du support et de la couche picturale. Celle-ci sera consolidée par une imprégnation générale. La toile ne présente pas de déchirures ou de trous importants, mais elle soutient difficilement une couche picturale épaisse surtout dans un environnement humide. Il est donc préférable de la doubler au moyen de matériaux non hygroscopiques. Allègement prononcé du vernis et réintégration à hauteur des lacunes. Le châssis doit être changé. L’œuvre peinte 179 x 184 cm; le châssis actuel 182 x 187,5, dimensions exactes dans l’emplacement dans le retable. Comme il semble qu’aucune moulure ne vienne en surface du tableau, il est nécessaire de reprendre ces dimensions, ce qui implique une réintégration des bords sur environ un centimètre de chaque côté...

Tel était alors l’état du tableau. Le devis s’élevait à 56 392 francs. Chacun peut admirer le résultat aujourd’hui. L’œuvre est magnifique. Il n’est donc pas étonnant, qu’en son temps, elle fut copiée à La Selle-en-Luitré et à Dompierre-du-Chemin.

dernière mise à jour de cette page le 26/08/2020 à 12:09:23