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L'église de Billé

L'église Saint-Médard

Vue d'ensemble Vue d'Ensemble Historique Historique Intérieur Intérieur Retable central Retable central Chapelles Chapelles

Baptistère et mobilier Baptistère et mobilier Vitraux et statuaire Vitraux et statuaire Clocher Clocher En conclusion En conclusion

L'intérieur

AAvant les transformations des XVème et XVIème siècles, le chœur et la nef étaient d’un seul tenant. Ils étaient séparés par un jubé. La mise en forme de croix latine par la construction des chapelles marque une partition de l’église selon un nouveau rite. Le jubé qui empêchait les fidèles d’assister pleinement au rite de la messe, est supprimé et l’assemblée, trouvant toujours sa place dans la nef, a maintenant directement accès au chœur qui reste le lieu de liturgie dissocié de l’assemblée bien entendu, mais qui cependant s’est ouvert vers elle. La séparation n’est plus concrétisée par le jubé mais par l’arc diaphragme qui recevait le Christ en poutre de gloire.

L’édification des transepts et de la croisée marque une grande modification de l’église. Les murs sont percés de fenêtres qui donnent à l’édifice un éclairage naturel suffisant; deux arcatures sur piles de granit assurent la jonction des différentes espaces. C’est à cette époque aussi que la charpente est modifiée sur l’ensemble de l’église.

À cette époque, la voûte de la nef, du chœur, des transepts et de la sacristie sud, était composée de lambris insérés dans les rainures latérales des chevrons. Ce dispositif est en partie encore en place dans les combles au-dessus de la voûte actuelle. La sacristie sud laisse voir à l’étage ce type de voûte presque intact L’actuelle voûte à sept pans, en lambris cloués sur chevrons et rythmée de couvre-joints, date vraisemblablement de l’époque de la réfection du chœur. Toutes les charpentes sont en chêne.

Les entraits du chœur ont été sciés pour accentuer le volume du chœur lorsque l’on a placé le retable au XVIIème siècle, ce qui eut pour effet de déformer les murs gouttereaux. Le retable masque complètement la maîtresse vitre qui a été en partie détruite et dont le réseau est encore visible à l’extérieur.

Pour le Père Blot, l’arcade donnant sur le chœur demande à être regardée de près: Les piédroits et les chapiteaux sont romans; ils portaient à l’origine un arc en plein cintre. Leur écartement maximal et l’arc brisé au-dessus semblent remonter au XVIIème siècle, quand l’idéal fut de visibiliser l’autel. Au-dessus de l’arcade figurent les armes des de la Sauldraye et des Becdelièvre qui étaient seigneurs de la Ronse vers 1664. Il est apparent que mur mange une partie des sablières du XVIème et que les bases des piédroits ont disparu.

Lors des travaux de restauration de 2002, des recherches de polychromie permirent de découvrir, dans le chœur, un fond ocre jaune qui avait été recouvert par un badigeon de chaux blanche sur lequel avait été peint des fausses pierres en trompe l’œil. Ce décor ocre, utilisé au XIIème siècle, permet de penser qu'il là du premier badigeon décoratif de l’église alors qu'elle n’était encore composée que d’un simple vaisseau.
Il fut donc décidé de redonner au chœur cette couleur d’origine qui lui va si bien aujourd’hui. Aux autres surfaces ont été appliquées les vieilles méthodes d’autrefois: chaux grasse teintée dans la masse pour les badigeons eux-même adjuvantés d’huile de lin. Les mortiers sont faits de terre argileuse broyée et sèche. Les pigments et colorants sont d’origine exclusivement minérale et tous les granulats doivent provenir de roches stables.

C'est encore en 2002 que fut mise à jour une litre funéraire armoriée dans le croisillon nord de l’église. Ce fut une découverte extraordinaire car c’est la seule litre seigneuriale aussi complète encore conservée en Ille-et-Vilaine. Il fut donc décidé de la restaurer. Cette litre appartient à un seigneur de la Ronse, un membre de la famille de Cervon qui fut en possession de la Ronse entre 1653 et 1673. Il était de tradition de peindre dans l’église, sur laquelle le seigneur exerçait ses prééminences et ses droits seigneuriaux, une frise à ses armes lorsque celui-ci décédait. C’est un exemple rare aujourd’hui, et Billé est certainement bien fière d’avoir pu remettre en valeur cet élément du patrimoine jusqu’alors caché sous les badigeons de chaux, qui, sans doute, l’on aussi sauvé jusqu’à ce jour.

dernière mise à jour de cette page le 26/08/2020 à 12:09:23