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Attaque de Billé

Attaque de Billé
(8 décembre 1793)

CCe jour-là, alors que Fougères fêtait le retour de sa garde nationale et de ses administrateurs enfuis à Rennes lors du passage des Vendéens, une troupe de 2 ou 300 chouans se rendit à Billé. Les autorités de Fougères, averties, dépêchèrent des gendarmes vers Billé. François Delatouche, procureur-syndic, tint à les accompagner pour s'assurer lui-même de la gravité de la situation. Les chouans avaient tué Louis Porée, le curé intrus et poursuivi aussi le maire et juge de paix ainsi qu'André Hubaudière curé de Parcé réfugié au presbytère de Billé.

Ce dernier parvint à s'enfuir vers Chesné et, le lendemain, relata les faits dans une lettre adressée aux autorités du district de Fougères:

Citoyens,

Déjà depuis huit jours, par deux fois, le sol de votre territoire est ensanglanté, une horde de scélérats parcourt les campagnes, répand la terreur et l'épouvante ; elle ne s'en tient pas là, elle pille , elle massacre les citoyens, elle maltraite les femmes, elle casse et brise les meubles, elle enlève les comestibles. Deux fois depuis huit jours j'ai échappé à leur fureur. Il n'y a que quelques heures que les brigands ont massacré le citoyen Porée, curé de Billé ; il m'avait offert l'hospitalité, ayant appris que j'étais poursuivi par eux et que je ne pouvais être en sûreté dans mes foyers. Ils ont pillé et brûlé mes hardes et tout ce que j'avais d'effets ; ils ont poursuivi le maire de Billé, le juge de paix, en tirant sur eux ; ils ont blessé une femme ; ils ont blessé quelques autres citoyens. J'avais dressé un journal de leurs forfaits depuis l'époque de l'arrivée de la grande armée des brigands à Fougères. J'attendais avec impatience votre retour pour vous le présenter car il contenait des renseignements utiles. Cette pièce a été brûlée avec mes effets; quoi qu'il en soit, je crois devoir vous dire ce que je me rappelle d'essentiel, je le ferai succintement.

D'après ce que j'ai recueilli, il résulte que les brigands se sont portés au moins trois ou quatre fois chaque semaine sur la paroisse de Parcé, qu'ils y ont été surtout chez le procureur de la commune pour le massacrer ; au presbytère pour y faire subir le même sort au curé et à Montautour où l'on disait que j'étais venu passer quelques jours. Ils se sont portés à Vaulevieu en Luitré où ils ont pillé et maltraité le nommé Tournoux et sa femme ; au Ray en Parcé, chez Haumaz, capitaine de la garde nationale où ils ont maltraité sa femme ; au village de l'Abbaye en Parcé où ils ont pillé le citoyen Nicolas Legrand.

En interrogeant ces citoyens, vous apprendrez le nom et la demeure de ces scélérats, vous apprendrez avec surprise que parmi eux il se trouve des propriétaires, des fermiers de Dompierre et de Parcé. On a reconnu parmi eux beaucoup de déserteurs ou fuyards du contingent du mois de mars. Il paraît encore, d'après quelques propos tenus par eux, qu'ils se comptent au nombre de quinze cents, depuis Bourgon, Bourgneuf et autres paroisses jusque et compris la commune de Dompierre-du-Chemin. On dit Dompierre et une partie de Luitré armés au point qu'il est des maisons où il y a dix fusils.

(Arch. Départ. L 301)

C'est aussi dans une lettre au district que Jean Hamon, juge de paix du canton de Billé, confirma les déclarations du curé constitutionnel. Les chouans rattrapèrent bientôt André Hubaudière puisqu'il fut tué à Beaucé le 24 floréal an II ainsi que son frère Antoine, ingénieur des Ponts et Chaussées.

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dernière mise à jour de cette page le 13/11/2020 à 15:44:34