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Tailleurs

Tailleurs et couturières

IIl s'entend que les deux faisaient le même travail, les uns pour les hommes et les autres pour les femmes. Ainsi, est-il naturel de les rassembler ici. D'ailleurs, il apparaît que les deux étaient parfois réunis dans les mêmes familles. Pour faire le point sur ces deux métiers, il est intéressant de consulter cette page.

Il a existé au moins deux tailleurs à Billé au XVIIème siècle. Ensuite, les actes n'en révèlent pas la présence pendant la majeure partie du siècle suivant. Il faut feuilleter les registres jusqu'à la Révolution pour en trouver de nouveau mention. Au XIXème siècle, les recensements permettent d'en identifier plusieurs.

René Delarivière

L'un des plus anciens tailleurs ayant exercé à Billé est René Delarivière. Son état est révélé lors de son second mariage avec Philippine Pépin en 1680. Marié une première fois à Billé avec Jacquine Maquerel, il épousa ensuite Philippine Pépin avant un troisième mariage en 1684 avec Jacquine Jehannin. Nous savons par un acte notarié qu'il habitait au bourg de Billé avec sa seconde épouse en 1681. Il mourut en décembre 1699. Il était de nouveau veuf depuis presque dix ans et c'est son gendre, François Guesdon mari de sa fille Jeanne décédée en 1694, qui était présent à sa sépulture.

Louis Jehannin

Un second tailleur exerça à Billé en même temps que le précédent: Louis Jehannin se maria à Billé avec Louise Bigot en juillet 1670. L'acte nous apprend qu'il était tailleur d'habits. Ils eurent sept enfants à Billé de 1671 à 1680. Veuf en mai 1681, Louis Jehannin se remaria avec Anne Dutail en 1694. Elle avait perdu son mari, Jean Peudennier, en 1680. Ils moururent tous les deux à la Royandière, lui en 1704 et elle en 1719.

Godin

Pierre Godin et Julienne Pichot sont décrits respectivement comme couturier et couturière, lui dans l'acte de son décès de 1816 et elle au recensement de 1836. Il se marièrent à Billé en octobre 1788 et eurent un fils l'année suivante à la Bordelière. De ce dernier, il n'y a pas trace de mariage ou de décès. Il semble qu'elle se retira aux Rues en Parcé où elle est signalée comme grabataire au recensement de 1841 de cette commune. Elle y décéda en novembre 1842.

Louis Lehoux

Louis Lehoux, lors des bans de son mariage en 1791 avec Jeanne Delanoë, était domicilié à Saint-Georges-de-Chesné. Nous ne savons pas ce que devint cette première épouse et nous n'avons pas trouvé d'enfants. Louis Lehoux se remaria à Billé en juillet 1797 avec Jeanne Helleux. Dans l'acte de mariage, il est dit volontaire au 3ème bataillon de la 94ème demi-brigade, tailleur de profession et actuellement au bourg de Billé. Dans le même acte le couple reconnaissait Anne Helleux, née en 1794 pour leur fille. En l'absence d'autres éléments, il est impossible de savoir combien de temps Louis Lehoux avait exercé à Billé. Très peu sans doute, puisque dès août 1799 leur fils François naissait à Mecé. Jeanne Helleux décéda en 1821 à Livré-sur-Changeon. Son veuf se remaria l'année suivante à Val-d'Izé. Il mourut à Livré sur Changeon en 1841.

Brodin

Jean Brodin, tailleur, était né à la Châtaignière et se maria à Saint-Léonard de Fougères, en janvier 1780, avec Françoise Huard dont Adrien, le père, était aussi tailleur. Le couple eut dix enfants de 1780 à 1800. L'épouse décéda quelques années avant son mari en 1826. Lui vécut jusqu'en 1831 à Billé exerçant sa profession. En plus de Jean, ci-après, deux des fils, Adrien et René devinrent tailleurs respectivement à Saint-Christophe-des-Bois et à Fougères.

Jean Brodin, leur fils, succéda à son père au bourg de Billé. Il avait épousé Anne Foucard, en mai 1807 à Mecé, et ils eurent onze enfants. Malheureusement, seul l'aîné et la plus jeune survécurent. Le premier, Jean, devint tailleur à son tour et s'installa à Fougères. Sa jeune sœur, Joséphine, épousa un tisserand à Fougères. Les parents moururent à Billé, lui en 1842 et elle en 1845.

Jeanne Lacour

En 1841 et 1846, Jeanne Lacour avait un atelier de couture au bourg de Billé. Elle y employait deux ouvrières. Nous ne la retrouvons pas au recensement de 1851. S'en alla-t-elle dès lors à Fougères? L'acte de son décès en juillet 1880 indique qu'elle y résidait. Elle mourut à 68 ans à l'Hôtel-Dieu.
Ouvrières chez Jeanne Lacour: Joséphine Duverger et Jeanne Souatier (1941), Anne Frémy et Anne Derbrée (1946).

Anne et Thérèse Montulé

Les deux sœurs, nées respectivement à la Pétaudière en 1823 et à la Primaudière en 1829 pratiquaient la couture au bourg en 1846. Anne épousa Pierre Blin à Billé la même année. Ils eurent trois enfants de 1847 à 1849. En 1851, ils étaient encore à Billé. Il était maçon et elle lingère. Lors du recensement de 1856, ils étaient au bourg de Princé. Il y moururent, lui en 1881 et elle en 1886 au hameau de Montaudin.
Thérèse, la jeune sœur mourut à la Pétaudière en 1849. Elle n'avait pas 20 ans.

Perrine et Joséphine Garnier

Perrine et Joséphine Garnier, couturières au bourg, habitaient chez leurs parents en 1846. Pierre Garnier, le père, était tisserand. Perrine épousa Toussaint Chéanne l'année suivante et s'en alla à Saint-Christophe-des-Bois. Nous ne savons ce que devint sa sœur Joséphine.

Jean Blanchet

Né en 1822 et marié en 1847 à Combourtillé avec Anne Pigeon, Jean Blanchet s'était installé comme tailleur au bourg de Billé. Il figurait avec son jeune frère François au recensement de 1846. Malheureusement, leur carrière à tous les deux fut courte. Tous deux décédèrent très jeunes: François à 20 ans et demi en avril 1849 et Jean à 26, tous les deux en avril 1849 à seulement six jours d'écart. Leurs actes de décès se suivent dans le registre de Billé. Les décès furent déclarés par Pierre Blanchet, leur frère, qui n'était autre que l'arrière grand-père de notre musicien. Anne Pigeon, l'épouse de Jean, mourut à Combourtillé en 1870 à la Messayais où elle était domestique. En 1846, ils avaient eu un enfant qui ne survécut pas à la naissance.

Julien Auriault

La famille Auriault, venue de Romagné, s'était installée à Launay entre 1816 et 1818. Le père, Joseph, était décédé à 46 ans, en 1835, à Romagné. Le recensement de 1851 mentionne que Julien, un des fils, exerçait le métier de tailleur à Launay où il vivait avec sa mère, ses frères et un oncle. En 1856, il habitait à Montaubert chez sa tante, Marie Auriault, mariée à René Bonnant. En avril 1859, il épousa sa cousine, Anne Bonnant. Le couple eut une fille, Joséphine, qui se maria avec Pierre Brisset, le menuisier. D'ailleurs, en 1886, ils habitaient la même maison du bourg que la famille Brisset. Julien Auriault décéda en 1886 et son épouse en 1893.

Marie-Louise Lebigre et Virginie Martin

Les deux jeunes femmes habitaient chez Victoire Jehannin, veuve de Jean Chuteau, à Montaubert où elles étaient couturières en 1861. Elles se marièrent toutes les deux en 1863 pour s'en aller, l'une à Saint-Christophe-des-Bois et l'autre à Parcé.

Jeanne Cupif

Jeanne Cupif employait deux ouvrières couturières au bourg en 1861. Elle quitta Billé avant 1866 pour aller probablement à Dompierre-du-Chemin où elle était domiciliée lors de son mariage en 1871 avec Jean Jourdan. Elle figure comme épicière dans le recensement de 1871 de cette commune. Elle y décéda en décembre 1879.
Ouvrières chez Jeanne Cupif en 1861: Anne Beaucé et Désirée Moreau.

Victoire et Thérèse Garnier

Victoire et Thérèse Garnier étaient couturières au Bas Monceau alors qu'elles habitaient chez leurs parents en 1872. Si le destin de Thérèse nous est inconnu, celui de Victoire est mieux cerné. Il semblerait, qu'au décès de sa mère en 1874, elle abandonna son métier pour se consacrer aux travaux de la ferme. Elle eut un fils, Eugène, en juin 1878. Elle repris son activité de couturière au bourg après le décès de son père en 1890 et épousa Eugène Chatton, charron mayennais, en 1894. Elle décéda, à 50 ans, en 1903 à l'Hôtel-Dieu de Fougères, trois ans avant son mari.

Moreau

Les sœurs Moreau, Désirée, Victoire et Marie, étaient couturières chez leur mère au bourg en 1872. Désirée avait été apprentie chez Jeanne Cupif, évoquée plus haut, où elle se trouvait en 1861. Elle épousa en 1874 Augustin Galais, charron à Fougères, et alla habiter le quartier de Saint Léonard. Elle décéda en 1907, rue Lesueur, à 58 ans. Marie, la plus jeune demeurait encore à Billé avec sa mère en 1876 et était lingère. Elle se maria à Fougères en 1880 avec Victor Leloutre. Nous n'avons pu déterminer ce que devint Victoire qui n'était déjà plus à Billé en 1876. Leur mère mourut chez sa fille Désirée en 1884, rue de la Riboisière.

Jeanne Royer

Jeanne Royer était établie chez sa mère au bourg de Billé comme tailleuse. Elle avait trois ouvrières. Elle se maria en 1884 avec Victor Fougeray de Châtillon-en-Vendelais. Ultérieurement, nous n'avons pas trouvé trace du couple.
Ouvrières chez Jeanne Royer en 1881: Reine Rimpot, Anne Roussel et Philomène Sorin.

Céleste et Marie Poupard

Céleste et Marie Poupard pratiquaient la couture chez leur mère épicière au bourg en 1881 - en 1876 elles sont déjà lingères. L'aînée, restée célibataire, exerça son métier jusqu'en 1911 et mourut au bourg en 1920. Sa cadette semble avoir pris la succession de sa mère comme épicière après son décès en 1889. Elle épousa Frédéric Loret en janvier 1891. Elle tenait encore l'épicerie en 1921. Après le décès de son mari en 1927, elle habita avec son fils et sa belle-fille avant de rejoindre Chaudebœuf où elle mourut en juillet 1932.
Ouvrières chez Céleste et Marie Poupard: Marie Loiseleux et Joséphine Coirre (1876), Armandine Beaudor (1881), Thérèse Aussant (1886), Marie Doudard (1891,1896).

Marie et Joséphine Coirre

Les deux sœurs étaient couturières ensemble chez leur père en 1886. Marie n'est plus là ensuite. Joséphine - elle avait été lingère chez les sœurs Poupard en 1872 - est encore couturière au domicile de son père en 1891. Elles se marièrent peu de temps après: Marie en 1893 et Joséphine en 1894.
Ouvrières chez Joséphine Coirre en 1891: Marie Ducoin et Jeanne Coirre.

Delamarche Hamard

Pierre Delamarche naquit à la Villais en Vendel en 1845. Comme l'atteste son livret d'ouvrier, à la date du 30 août 1863, il fit son apprentissage chez Jean-Marie Morel tailleur au bourg de Mecé. Sa première apparition à Billé date du recensement de 1866: déclaré comme tailleur, il était pensionnaire chez Guy Martinais, vannier au bourg. À la même époque, Thérèse et Marie Hamard étaient couturières chez leurs parents. En mai 1974, Pierre et Thérèse se marièrent. Ils eurent quatre enfants: la fille aînée mourut à 3 ans et le plus jeune garçon à 22 ans à l'hôpital militaire de Vitré. Leurs deux autres fils, Amand et Eugène allaient leur succéder. Pierre Delamarche décéda en 1893 et Thérèse Hamard dix ans plus tard.
Quant à Marie, la jeune sœur, elle continua à exercer son métier au domicile de ses parents avec d'autres couturières: Marie Harnois et Joséphine Bouvet en 1876, Jeanne Renard en 1881. Elle épousa en 1882 Jean Dutertre, meunier en Javené. Elle donna le jour à huit enfants au moulin de Bécan de 1882 à 1893. Elle était encore couturière à Javené en 1917.

Delamarche Garnier

Amand, le fils aîné des précédents, ne prit pas en droite ligne la succession de son père: à 14 ans, il était domestique cultivateur chez Louis Tropée à la Doinelière et à 19 ans chez Jean Galodé à la Châtaignière. Faut-il supposer qu'il dut son retour aux sources à son mariage avec Armandine Garnier en 1899?
Cette dernière était née à Parcé d'un couple de cultivateurs de la Bussonnière, venu au Houx en Billé où décéda le père en 1895. Armandine et sa sœur Reine tenaient au bourg de Billé un atelier de couture dans lequel elles employaient quatre jeunes ouvrières ainsi que le rapporte le recensement de 1896.
Ouvrières chez Reine et Armandine Garnier en 1896: Romaine Martinais, Philomène Ory, Marie Benais, Joséphine Roussel.

C'est en quelque sorte une fusion qui s'opéra au mariage d'Armandine avec Amand Delamarche. Reine poursuivit ses activités avec sa sœur et son beau-frère et ils employaient des ouvrières. L'atelier et le magasin se trouvaient alors au 26, rue de Fougères.
Les affaires devaient être florissantes car, en 1910, un encart dans la Chronique de Fougères vantait les mérites du nouveau magasin À LA CONFIANCE, sis dans la nouvelle maison qui venait d'être construite - 12, rue de Fougères. Cette annonce indique que le magasin ne faisait pas simplement commerce de tissus et s'était largement diversifié.
Ouvrières chez Amand Delamarche: Joséphine Royer (1901), Hélène Lépine(1901), Joséphine Martin (1906), Joséphine Guillaume (1906), Léontine Dinard (1906) Angèle Coudray (1921).

En 1921, Marie Delamarche, la fille de la maison, avait épousé Emmanuel Poirier, tailleur, né à Parcé. En février 1922, il était annoncé dans le Réveil fougerais et dans la Chronique qu'une succursale allait ouvrir à Fougères, rue de Laval. Le père étant encore jeune, il s'agissait sans doute de procurer une situation au jeune couple. Malheureusement, la disparition brutale d'Amand, à 47 ans, allait ruiner en partie ces beaux projets. Emmanuel Poirier et son épouse revinrent à Billé où les activités se poursuivirent jusqu'à la retraite de Marie à la fin des années 1960.

Humour

Eugène Delamarche était réputé pour avoir un certain humour. Il affubla nombre de ses concitoyens de sobriquets, pas toujours flatteurs. Lui-même était surnommé Chocolat.
Il avait baptisé l'actuelle allée des Jardins passage de la Monnaie: en référence à la résidence d'Armandine Aubry à laquelle il fallait payer les galettes en - petite - monnaie. Tout près de là, il appelait l'escalier qui conduisait vers l'église le passage des Petites Vertus.

Eugène Delamarche

Eugène Delamarche, le second fils de Pierre, était aussi tailleur. Il travaillait chez son frère, Amand. Il habitait, avec sa famille, dans une maison située entre le 2 et le 4 rue de l'Église. Elle fut détruite après 1946 et remplacée par l'actuelle maison au n°4. Il épousa Rosalie Soppée à Saint-Georges-de-Chesné en 1905. Elle était brodeuse. Un fils naquit en 1907 qui devint tailleur à son tour mais quitta Billé. Rosalie décéda en 1916 et le tailleur se remaria avec Marie-Rose Louvigné en 1920 à Javené. Si ce n'est écrit nulle part, nous savons, par ouï dire qu'à ses heures, Eugène était coiffeur pour homme et même à domicile. Il est même mentionné comme perruquier au recensement de 1936. Il mourut en 1946.
Marie-Rose, sa seconde épouse était couturière en 1921 et en 1931 et avait sans doute travaillé à la maison Delamarche.

Louis Serrand

À 18 ans, lors du recensement de 1906, Louis Serrand est déclaré tailleur alors qu'il habite encore avec ses parents et ses frères et sœur. En mai 1910, il épousa Anne-Marie Brault de La Selle-en-Luitré. Ils s'installèrent dans la maison du n° 28 de la rue de Fougères. Ils eurent six enfants. Anne-Marie décéda à seulement 39 ans. Entre février 1942 et mai 1944, il était secrétaire de mairie. Il cessa ses activités en 1947 et mourut à Billé en août 1966.
Ouvrière chez Louis Serrand: Marie Lefrais (1921).

Anne-Marie Bourgeon

Dès 1911, alors qu'elle avait 16 ans, Anne-Marie Bourgeon exerçait le métier de couturière et ce jusqu'en 1921, année de son mariage avec Joseph Loret. Elle déménagea alors du haut vers le bas du bourg pour poursuivre ses activités.

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dernière mise à jour de cette page le 15/11/2023 à 16:09:23