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Victimes

Les victimes de la Révolution

LLa période révolutionnaire était difficile à vivre à Billé comme ailleurs. Les gens vivaient pauvrement après une série de saisons rudes et de récoltes désastreuses. Pour le reste, la population se cliva entre deux blocs devenus irréconciliables: les blancs et les bleus. Personne n'osait s'engager et à plusieurs reprises il fallut désigner des gens pour administrer la commune et le canton. Encore que, ceux qui étaient chargés de missions s'abstenaient de faire quoi que ce soit sous la menace des brigands. Ce vocable était synonyme de chouan et désignait le camp de ceux qui refusaient la Révolution. Il y eut quelques combats importants, parfois à peu de distance de Billé, entre les soldats de la République et les chouans qui s'étaient organisés en Armée Catholique. Aucun n'eut lieu à Billé même. Les morts qui ont pu être dénombrés sur la commune furent la conséquence d'actes isolés. Les chouans erraient souvent par petits groupes qui semaient la terreur dans les campagnes. L'armée républicaine, de son côté, ne fut pas non plus irréprochable. Nous avons pu répertorier une vingtaine de personnes décédées de mort violente, originaires de ou tuées à Billé.

Le premier mort de la Révolution fut Louis Porée qui n'était autre que le curé de Billé. Vicaire à Billé depuis 1782, il avait prêté serment à la Constitution Civile du Clergé et avait remplacé son curé, Julien Hunault, qui avait dû fuir sa paroisse. Acquis aux idées nouvelles, il avait été élu à plusieurs reprises et était même engagé dans la Garde Nationale du Canton de Billé. Alors qu'il abritait dans son presbytère un autre ancien vicaire de Billé devenu curé de Parcé, André Hubaudière, il fut exécuté lors d'une attaque des chouans sur Billé le 8 décembre 1793. Le second réussit à séchapper mais il fut tué à son tour au mois de mai suivant.

La commission Brutus-Magnier, qui opéra du 21 novembre 1793 au 5 juin 1794, siégea à Fougères du 9 au 15 décembre 1793. Elle condamna à mort 265 contre-révolutionnaires et 114 personnes dans le seul district de Fougères. Defiennes, l'accusateur militaire de la commision Brutus-Magnier ammena la guillotine à Fougères le 15 avril 1794 et elle y resta jusqu'au 3 mai pour accomplir sa triste besogne.
Deux Billéens furent guillotinés respectivement en janvier et avril 1794. Jean Bertrand était un chouan notoire. Il fut arrêté à la suite d'un vol de chevaux à la Royandière. Le second Julien Vannier avait été dénoncé par le précédent avant de monter sur l'échafaud - voir l'affaire de la Royandière. Entre temps, un combat à Parcé avait coûté la vie à Jean Monclair, le commandant de la Garde Nationale du Canton de Billé.

Le tableau ci-dessous énumère les victimes des chouans qui furent assassinées de 1793 à 1796. Ils sont présentés de façon chronologique. Dans la colonne de droite un lien vers la généalogie permet de situer les personnes. Il y a peu à dire sur les circonstances de leur mort. Leurs cadavres étaient découverts dans un champ ou même chez eux, parfois plusieurs jours après. Certains ont été assassinés pour leurs convictions républicaines ou leur refus de servir ou de s'engager du côté des chouans. Il n'est pas à exclure que d'autres ont été victimes de crimes crapuleux ou de vengeances.

Né àTué leCommuneLieuGénéalogie
JeanHeulot45 ansBillé29 juin 1794JavenéSoissais
JosephBricet23 ansBillé19 novembre 1794Billé
JeanBéziel27 ansBillé1er décembre 1794BilléBordelière
JosephAnger40 ansBillé6 décembre 1794JavenéSaint Julien
JeanTroné30 ansParcé 1er février 1795Billé Launay
AnneSaudrais68 ansSaint Georges de Chesné 13 juin 1795Billé Boutigné
ÉtiennePihan75 ansJavené11 juillet 1795Saint Georges de Chesné
GuillaumePihan36 ansSaint Georges de Chesné 11 juillet 1795Saint Georges de Chesné
AnneOry68 ansSaint Marc sur Couesnon 16 septembre 1795Billé Guibourgères
JulienneRosé33 ansCombourtillé 16 septembre 1795Billé Launay
JeanLebon31 ansSaint Marc sur Couesnon30 septembre 1795Billé Guibourgères
JulienBignon45 ansSaint Sauveur des Landes 6 février 1796Billé Loutre
JeanJehannin51 ansSaint Georges de Chesné 14 mai 1796Billé
JulienMasson21 ansSaint Georges de Chesné 14 mai 1796Billé Guibourgères
JeanTroné62 ansLuitré 21 septembre 1796Billé Trétonnière

De cette liste, Joseph Anger était maire de Billé et habitait la Cosvinière. Les deux Jean Troné étaient le père et le fils. Étienne Pihan et son fils Guillaume furent tués le même jour au même endroit. Il y eut trois femmes au nombre des victimes.

Il faut encore ajouter les 17 soldats républicains faits prisonniers lors du combat de Vendel qui furent exécutés sommairement le lendemain, 5 novembre 1799, à Mésauboin dans le Champ Picard.

S'ajoute à cette triste énumération un nommé Lécotay, âgé d'environ 60 ans, né à ce qu'on croit à Fougères, maître d'école faisant lire les enfants de village en village, sans asile, mort d'un coup de faux de[ans] le cimetière du dit Billé le 17 septembre 1800. Il fut sans doute le dernier mort de ces années noires.

De plus, un certain nombre de jeunes gens perdirent la vie où disparurent lors des guerres de la Révolution et de l'Empire. Nous en avons identifié formellement une vingtaine mais nous estimons qu'il pourrait y en avoir une cinquantaine d'autres.

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dernière mise à jour de cette page le 22/12/2020 à 18:34:07