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Amand Roussel

Amand Roussel
Correspondance

LLes soldats ont écrit à leurs familles et à leurs amis. Ce furent tantôt de simples cartes postales accompagnées de quelques mots laconiques - "Meilleur Souvenir" - tantôt de longues lettres décrivant la vie du soldat et faisant part de ses réflexions. Amand Roussel est de ceux-là. Lui et son frère Ange, ont entretenu une correspondance assidue pendant toute la guerre. Il ont échangé sur leur vie de soldats au front, se donnant aussi, quand ils en avaient, des nouvelles de Mésauboin, où demeurait leur famille.

Amand Roussel

Le bout de ... la tranchée

Amand avait été blessé à Souain (Marne) le 26 septembre 1918. Il avait reçu une balle au bras gauche et se trouvait à l'hôpital de Clamecy (Nièvre) pour y recevoir les soins requis par son état. C'est de là qu'il va vivre la fin de la guerre. Voici quelques extraits de sa correspondance d'alors. Dans le dernier, il manifeste à la fois sa joie et son regret de rester marqué à tout jamais par sa blessure et par les dures épreuves qu'il a traversées.

lundi 4 novembre 1918
... Nos superbes armées continuent toujours à libérer le pays petit à petit. C’est bien consolant tout de même de voir combien les événements marchent vite à présent et tout à fait à notre avantage. ...
Vendredi, j’ai pu fêter la Toussaint, j’étais juste derrière les prisonniers de guerre et je trouvais qu’ils n’avaient pas trop mauvaise figure. On m’a dit que ce sont des Polonais. Vers 2 heures, nous sommes allés au cimetière des soldats porter une couronne.
Samedi, mon camarade et moi avons fait une promenade de 15 km et, à moitié route, un paysan nous a donné un verre de vin blanc et un café; par ici, les gens ont l’air de porter beaucoup de respect aux blessés.

mardi 12 novembre 1918
Les cloches qui, il y a cinquante-deux mois, annonçaient lugubrement la triste nouvelle de la déclaration de guerre, étaient bien heureuses hier soir à 4 h 30 de sonner à toutes volées pour nous annoncer la joyeuse nouvelle de la fin de la guerre par une victoire complète sur un ennemi qui se croyait invincible.
Après quatre années de lutte sans changer de place pour ainsi dire, les Allemands ont tout de même été obligés de s’enfuir, mais il a fallu l’unité de commandement.
Quelle joie - n’est-ce pas? - de ne plus entendre les canons, les bombes, etc. Comme les poilus vont être heureux… Il fallait tout de même bien que je garde un souvenir de cette affreuse guerre [allusion à la blessure].
Je viens de recevoir une carte des parents. Oh! Eux aussi vont être réjouis de nous savoir hors de danger. ...

jeudi 21 novembre 1918
... Je n’ai pas à me plaindre, mais quand même, j’ai eu toutes les duretés de la guerre presque jusqu’à la fin et je n’ai pas pu jouir au front du beau spectacle de la victoire. ...
Je vais de mieux en mieux. Mon bras bouge un petit peu à présent. ...
Il reste la cicatrice, c’est cette croix de guerre que je conserverai le plus longtemps. ...

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dernière mise à jour de cette page le 03/11/2018 à 11:31:10